Une petite princesse

Capucine est maintenant une jolie petite princesse. Mais ce n'est pas une princesse ordinaire.

Quand elle s'était levée c'était une petite fille comme les autres....mais elle avait trouvé cette étrange petite trousse. A l'intérieur : une couronne, une bague et un sceptre. Elle avait bien suivi les instructions et parfois sa maman l'avait un peu aidée. Ensuite elle avait choisi sa plus belle robe et elle s'était habillée et parée de ses nouveaux atours...

Elle se demandait bien à quoi cela pouvait servir quand, à côté d'elle, son petit chat Polichinelle se mit à lui parler.

" Mais tu n'es pas sérieux, mon petit Polichinelle, je sais bien que les chats ne parlent pas."

Polichinelle eut l'air un peu vexé. Du coup il se tut et se roula en boule. Il faisait la tête.

Au bout d'un tout petit moment, il se mit à parler pour lui-même :

" Puisqu'elle ne m'écoute pas, j'utiliserai la promesse pour une autre petite fille qui, elle, aura confiance en moi."

Intriguée de l'entendre à nouveau, Capucine lui dit : " Oh ! Mon polichinelle, mais tu parles vraiment ! " Et elle le serra très fort dans ses bras.

« C'est une bonne chose. Je te nomme grand chambellan de mon royaume. Je ne suis que princesse mais je porte déjà les attributs du royaume : cette belle bague que j'ai au doigt indique mon sang royal, ce sceptre est l'insigne du pouvoir et cette couronne sur ma tête indique que j'ai été choisie pour gouverner un royaume. Il me manquait un chambellan. Tu le seras !"

Et elle partit dans sa chambre. Elle sortit de son coffre poupées et peluches et assortit ensemble sa nouvelle cour.

Chaque poupée, parée de ses plus beaux habits, devenait dame d'honneur. Une peluche lui était  donnée comme chevalier servant et protecteur.  Quand le choix fut terminé, tout ce beau monde s'aligna le long du lit et Capucine organisa le défilé du couronnement.

Il était déjà tard quand elle arrêta de jouer. C’était l’heure du dîner. 

Lorsqu’elle revint dans la chambre, Polichinelle avait mis la couronne sur sa tête, passé trois griffes dans la bague et tentait de tenir le sceptre entre ses pattes. 

Elle éclata de rire en le voyant ainsi accoutré. « Mais non, Polichinelle ! Un petit chat, s’il peut être choisi comme chambellan ne peut pas être une princesse. Retire vite tout cela et descends à ton tour. Ton dîner t’attend à la cuisine. »

Elle eut l’impression que même les poupées et les peluches, sa toute nouvelle cour, s’amusaient avec elle de voir ce chat trop coquin. Et lorsqu’elle se retira pour aller au lit, tous ses jouets s’inclinèrent dans une belle révérence.

Elle se coucha la tête pleine des nouveaux jeux qu’elle imaginait déjà pour demain. Elle prit à côté d’elle la jolie petite trousse  qui lui avait permis de réaliser son rêve, y plaça ce qu’elle avait de plus cher, de ces objets précieux qui n’ont de sens que dans le monde des petites filles rêveuses.

« On commencera par un bal, et….. »  Elle s’endormit en souriant aux anges.