Une journée au cirque !


C'est maintenant l'heure d'un "temps calme" et Émilien regarde ses nouveaux instruments. Les balles de jongleur dont il sent encore le poids dans ses petites mains. La paire de maracas qui donnera à son spectacle le bruit dont il a besoin pour maintenir en éveil l'attention de son public. Les deux cravates en bois dont la peinture est maintenant sèche viendront mettre encore des touches de couleurs à sa tenue de scènes. Et puis il y a le nez rouge, cet accessoire indispensable. 

Sa tête est pleine de spectacles qu'il construit. Il imagine déjà son public, sa grande sœur, son petit frère et Goinfrounet le hamster qui aura peut-être un peu peur. Et bien sûr Maman et Papa. Il n'en voudrait pas plus pour la Première. Il sait qu'il arrivera en trébuchant, en ayant l'air surpris d'être là. Il fera semblant de découvrir un public inconnu. Déjà les premiers rires. Il parlera très fort, semblera maladroit. Puis il fera semblant de découvrir les maraças. Il en secouera une, semblera étonné que cet objet puisse faire un si joli bruit. Puis l'autre et puis les deux ensemble lui serviront d'accompagnement à cette petite chanson si drôle qui se construit en silence dans son petit monde de rêves. 

Puis il sortira de ses grandes poches une balle de jongleur. Il la lancera en l'air et attendra qu'elle retombe dans sa main. Il sortira la seconde et, avec les deux, commencera à les jongler avec adresse. Et puis enfin la troisième. Un peu difficile...mais j'y arriverai se dit Emilien. 

Autour de lui les jolis meubles et les objets favoris de sa chambre s'animent au point qu'il s'imagine dans le grand chapiteau. Il entend la musique, il perçoit la présence des animaux dont, pour l'instant, Goinfrounet est le seul représentant.  Il voit la grande parade des artistes. Il est là parmi eux.

Patiemment il revoit toutes les étapes...et puis la musique se calme, plus un son ne parvient à ses oreilles seulement les bruits feutrés de la maison et puis soudain la voix de Papa. "Tu t'es endormi, petit homme ? . Tu peux venir goûter tu sais, c'est l'heure."